Vendredi 15 mai.. 15h32:
Le prof disait : D'après Deleuze, ''Pour qu’il y ait acte de création, il faudrait qu’il y ait une idée engagée et maitriser le langage. Il faut aussi ressentir le besoin et la nécessité. Quelque chose latente à l’intérieur ne suffit pas, il faut qu’il y ait une hypersensibilité et une grande culture''
Il parlait, parlait. Et moi je me rendais de plus en plus compte de mon incapacité à aller au bout des choses. Depuis quelques temps, je ne me sens plus apte à accomplir quelque chose de nouveau, à créer et ça me contrarie vraiment. Les idées sont là, le langage je pense que je le maitrise mais quand il s'agit d'appliquer, là je me bloque. L'envie me ronge de l'intérieur, me parle, me menace et se moque de mon impuissance face aux mots qui ne veulent plus s'extérioriser.
Ce prof là m'a dérangé. Je ne suis pas restée insensible à ses mots. Il a réussi à me sortir de mon état d'hibernation, à enlever cet abandon qui dure depuis des mois.
Ça y est. Là, je pense que je suis libérée du fardeau qui me pesait tant, celui d'être dans l'incapacité d'écrire, écrire pas seulement dans ce blog mais d'une façon générale. J'entame une nouvelle page avec une idéologie nouvelle. J'ai appris pendant ces derniers temps où je me suis absentée de cet espace et ces leçons, je les dois aux découvertes qui se sont accumulées sans que je prenne conscience qu'elles servent à me donner envie de réécrire.
L'incapacité d'écrire chez moi se traduit par un malaise paralysant, par une peur, celle de perdre les mots à jamais et de ne pouvoir plus les posséder et les manier à ma façon. Les mots ne sont pas seulement ceux de ce blog mais notamment l'arme que j'utilise le plus dans le quotidien, pas oralement mais surtout sur papier.
Je suis de retour avec un souffle nouveau et une grande envie de partage qui me ronge et je suis contente de retrouver cette communauté que j'ai pas quitté même si je ne bloguais plus.